24 heures de jeûne hydrique

 Dans Nutrition & terrain

24 heures de jeûne hydrique

Dimanche soir, 19h.
J’ai pris mon dernier repas.
J’ai posé les couverts… et j’ai recommencé quelque chose que mon corps connaît déjà profondément.

Parce que le jeûne fait partie de ma vie depuis longtemps.
Il y a plus de 11 ans, je l’ai utilisé pour accompagner la guérison d’une seconde récidive de cancer du col de l’utérus.
Et en 2018, j’ai vécu mon jeûne le plus marquant : 12 jours consécutifs.

Dimanche soir, je suis repartie pour 5 jours.
Et j’avais envie de vous montrer — scientifiquement et humainement — ce qui se passe réellement dans le corps pendant 24 heures de jeûne hydrique.

Pas de mythes. Pas de croyances.
Juste les faits.


0 à 4 heures : la digestion “normale”

Après ton dernier repas, ton corps fait ce qu’il sait faire :
digérer, absorber, distribuer.

Cahill GF, “Fuel Metabolism in Starvation”, Annual Review of Nutrition, 2006.

Rien d’exceptionnel…
C’est dans les heures suivantes que la magie commence.


4 à 12 heures : l’insuline baisse, l’équilibre se stabilise

Ton corps utilise encore le glucose circulant, puis commence à puiser dans le glycogène du foie.

Énergie stable
Pas de chute brutale
Le cerveau reste bien alimenté

Anton et al., “Flipping the Metabolic Switch”, NEJM, 2018.

C’est souvent la phase la plus facile quand on a l’habitude de jeûner — comme moi après mes années d’expérience.


12 à 18 heures : le “metabolic switch” démarre

Ton foie arrive bientôt au bout de ses réserves de glycogène…
Alors le corps s’adapte :

Il commence à brûler les graisses (il convertit les graisses en corps cétoniques pour nourrir le cerveau)
L’insuline continue de baisser
La clarté mentale apparaît souvent par vagues

Longo & Mattson, “Fasting: Molecular Mechanisms…”, Cell Metabolism, 2014.

C’est précisément ici que je ressens un apaisement… un recentrage.
Comme si le corps disait :
« Ok, on change de carburant. »


18 à 24 heures : les premiers signaux d’autophagie

Ce mot impressionne, mais il décrit un processus magnifique :

L’autophagie = recyclage cellulaire.
Le corps repère ce qui est abîmé… et le répare ou l’élimine.

Elle devient intense autour de 48–72h, mais les premiers signaux commencent déjà entre 18 et 24 heures de jeûne.

Mizushima & Komatsu, “Autophagy: Renovation of Cells”, Cell, 2011.

On ne peut pas choisir à la place de notre corps ce qui sera détruit/recyclé durant l’autophagie. On peut vouloir jeûner pour guérir telle ou telle chose (par exemple diminuer des kystes mammaires, ou des fibromes utérins, diminuer une inflammation digestive…) mais quoiqu’il en soit c’est le corps qui ira prioriser ce qu’il a envie de prioriser. D’où l’intérêt de faire plusieurs cycles de jeûne si on a un objectif bien précis à atteindre.


En 24 heures de jeûne, tu n’es pas en train de t’épuiser… tu es en train de te réinitialiser

Ton corps :

-baisse l’insuline
-active la combustion du gras
-lance le nettoyage cellulaire
-stabilise l’énergie
-protège ton cerveau avec les premiers corps cétoniques

C’est un reset métabolique profond, pas une lutte.

Et après plusieurs jeûnes dans ma vie — dont un de 12 jours en hydrique, un de 3 jours en sec — je peux te dire une chose :
chaque début de jeûne me rappelle à quel point le corps est une machine d’une intelligence incroyable.

On se retrouve très vite dans un autre article pour la suite!

Toi aussi tu veux expérimenter le jeûne? Tu peux te lancer seul(e) sans risques avec 24 heures de jeûne hydrique. Mais si tu veux être accompagné(e) pour un jeûne plus long, contacte-moi.

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